Les programmes d’immersion : Potentiel, précision, pédagogie et perfectionnement

Les programmes d’immersion au Québec célèbrent cette année leur 50e anniversaire. Depuis leur début en 1965, les programmes d’immersion se sont multipliés à travers le Canada, jouissant d’une popularité croissante auprès d’une clientèle diversifiée aux besoins grandissants. Le but ultime de ces programmes variés? De former des citoyens prêts à fonctionner dans une société bilingue, une mission souvent bien accomplie. Malgré ces succès, l’immersion n’est pas sans défis. Qu’en est-il donc du produit de cette éducation dans une langue seconde? 

Dans bien des provinces et territoires du Canada, la pénurie d’enseignants ayant un niveau de langue adéquat vient limiter l’étendue des produits pouvant être offerts à une clientèle pourtant en expansion. Les élèves ayant de la facilité dans leur langue seconde pourraient à leur tour devenir enseignants, mais les finissants assez forts en français pour l’enseigner ne suffisent pas à la demande. Au Québec, où les ressources tant humaines que matérielles sont abondantes, c’est souvent le manque de formation en pédagogie des langues secondes qui vient amoindrir le succès potentiel des élèves. Les résultats? Dans bien des cas, d’habiles communicateurs dans les deux langues, mais ayant un français qui manque de précision et de variété. 

Comment remédier à ces maux d’us et de mots? Il est de toute évidence primordial d’améliorer la qualité de langue de nos finissants, mais comment? Dans le blogue du mois d’avril, Nancy Des Ormeaux a abordé la question de travailler le vocabulaire et de donner l’occasion à nos élèves de parler et de produire. En d’autres mots, ils ont besoin d’occasions de communication pour tester leurs hypothèses langagières, une nécessité pour l’apprentissage d’une langue et nous devons leur fournir les occasions pour ce faire. Elle a offert d’excellentes pistes pour augmenter la quantité de français produite par les élèves lors d’activités ludiques. Quoi de plus motivant!

Que faire de la qualité, par contre? Une fois que nous aurons vu à l’enseignement systématique du  vocabulaire et à l’augmentation de la quantité de production de nos élèves, l’enseignement réactif viendra appuyer leur production pour en améliorer la précision. C’est-à-dire, après que nos élèves ont travaillé (et joué!) fort pour apprendre leur vocabulaire et produire des énoncés dans leur langue seconde, nous devons leur indiquer si leurs hypothèses langagières sont justes : ils ont besoin de rétroaction orale corrective non seulement sur le contenu de leur énoncé, mais aussi sur les formes qu’ils ont produites, afin de bien se faire comprendre et d’utiliser une langue de qualité. Sans cette rétroaction, les apprentissages langagiers risquent de se faire de façon erronée et les formes fautives deviendront récalcitrantes. Plusieurs techniques existent pour venir améliorer la précision et la qualité de la langue de nos élèves sans briser le fil de la communication. Les connaissez-vous? Comment ces techniques viennent-elles s’insérer dans votre planification quotidienne? Comment veillez-vous à la qualité de la langue orale de vos élèves?

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mercredi 28 juin 2017