Congrès 2016 de l’ACPI : Perspective d’une étudiante de l’Allemagne!

Je suis Lena Michel, étudiante à la maîtrise en enseignement immersif à l’Université Friedrich-Schiller à Iéna en Allemagne et étudiante chercheuse invitée à l’Université d’Ottawa. Conviée par la directrice générale, Chantal Bourbonnais, j’ai eu le grand privilège de participer au 40e congrès de l’ACPI qui a eu lieu à Niagara Falls, en Ontario, du 20 au 22 octobre dernier. On m’a demandé d’écrire un billet sur mes coups de cœur du congrès. J’ai évidemment accepté le défi. Voici donc quelques-unes de mes impressions et de mes réflexions à l’issue de cette expérience toute canadienne.

Un conférencier touchant 

Monsieur David Bouchard, conférencier d’ouverture du congrès, a livré un mot de bienvenue vif, fascinant, enthousiaste, amusant et surtout touchant. Son discours était non seulement riche en informations mais aussi teinté d’humour. Au fil de ses propos, il a multiplié les anecdotes sur sa vie, raconté l’histoire de sa langue et de ses origines métis et poussé les participants à la réflexion. Sa façon de s’adresser aux 550 personnes présentes, en musique, en plaisanteries et en exemples éloquents a fait rire tout le monde. Selon moi, Monsieur Bouchard a un véritable talent de comédien et de conteur ! 

Ses propos, quoique divertissants, m’ont aussi incitée à la réflexion. Selon lui, l’élément le plus important en tant qu’enseignant en immersion, c’est d’être passionné par son travail afin de transmettre cette passion, de générer de l’enthousiasme par ses paroles et « d’allumer le feu sacré » chez les élèves. Nos origines culturelles et notre accent n’ont pas d’importance. Tout ce qui compte, c’est le fait d’être francophile et d’apprendre les uns des autres.  De cette riche conférence d’ouverture, je retiens ceci : « Dans le domaine de l’enseignement,  c’est la diversité qui nous mène au but. »

Un atelier pour développer la confiance en ses capacités langagières

J’ai participé à plusieurs ateliers pendant le congrès. L’un d’eux m’a particulièrement impressionnée : Qui suis-je ? Une question d’identité bilingue: l’enseignant et l’élève offert par Monica Tang, enseignante en immersion en Colombie-Britannique. En tant qu’apprenante d’une langue étrangère, je me demande souvent si je fais trop de fautes, si je serai capable d’enseigner une langue qui n’est pas ma langue maternelle, si mon accent allemand sera un obstacle dans ma pratique. L’atelier de Madame Tang portait justement sur ces questions qui semblent courantes chez plusieurs professionnels de l’immersion française.

Comme le français est ma troisième langue étrangère apprise, je me suis évidemment reconnue dans les propos livrés lors de cet atelier. L’animatrice a souligné qu´il ne faut surtout pas se comparer à un locuteur natif. Chacun a le droit de faire des erreurs, qu’il soit francophone ou pas, puisque l’erreur est humaine. Afin d’appuyer ses propos, Monica a proposé aux participants une leçon de mandarin! Cet exercice pratique et interactif nous a permis de constater que nous étions tous débutants dans l’apprentissage de cette langue et nous a sensibilisés à ce que vivent les élèves. Une participante a même remarqué un changement de perspective pendant l’exercice : la langue française avait été son repère et elle l’avait utilisée comme si c’était sa langue maternelle… Constat très rassurant pour moi qui venais de vivre exactement la même chose !

Cet exercice a permis de consolider la confiance de chaque individu présent. Ce que je retiens de cet atelier : « comme enseignante, il est important d’apprendre d’autres langues étrangères afin de ne jamais oublier le travail ardu et continu vécu par les élèves en apprentissage immersif! »

Multiplication des échanges en français

Plus d’une fois pendant le congrès, j’ai entendu des animateurs répéter qu’il faut vivre le français en l’utilisant le plus souvent possible à l’extérieur de la salle de classe afin de pouvoir se perfectionner. Ces paroles m’ont permise de me sentir encore plus fière de ma décision de venir au Canada pour y passer un séjour d’étudiante chercheuse. 

Lors d’un échange sur cette question avec d’autres participants, une enseignante de Terre-Neuve a suggéré l’idée de créer des réseaux en ligne pour tous les enseignants qui viennent de loin et particulièrement des endroits où l’immersion est  moins répandue. J’approuve! Ce serait une excellente façon de parler de questions diverses avec d’autres enseignants et de s’enrichir mutuellement. J’ai même déjà une première question à lancer : « Comment vivez-vous votre identité bilingue? » 

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vendredi 18 août 2017